La gaffe qui pourrait coûter cher à Barack Obama
New York, 13 avril 2008. Le ping-pong de gaffes entre Barack Obama (photo Daniella Zalcman) et Hillary Clinton se poursuit dans la course à l’investiture démocrate. Mais cette fois, le sénateur afro-américain de l’Illinois a semble-t-il offert une balle en or à sa rivale qui ne s’est pas fait prier pour le mettre sur la défensive. Alors qu’il participait le 6 avril à un événement avec des donateurs de sa campagne à San Francisco, Barack Obama avait décrit les cols bleus comme des gens “amers” qui “s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, (…) ou à un rejet de l’immigration (…) pour exprimer leur frustration ”. A huit jours de la très importante primaire de Pennsylvanie, la gaffe risque de faire mal à celui qui espère devenir le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis. Ces dernières semaines, les sondages indiquaient que le candidat afro-américain avait refait une bonne partie de son retard sur l’ancienne First Lady en Pennsylvanie, un Etat qui compte un important électorat ouvrier. Hillary Clinton qui avait elle-même passé une semaine dernière difficile à la suite de la démission de son stratège de sa campagne, a profité de l’aubaine. Elle a alimenté samedi la polémique en accusant Obama d’être “élitiste” et en qualifiant ses remarques d’ “avilissantes”. “Les gens ne s’accrochent pas à la religion parce qu’ils sont amers, a-t-elle déclaré dans l’Indiana, Etat qui organise sa primaire le 6 mai prochain. Ils n’ont pas la foi parce qu’ils sont pauvres, mais parce qu’ils ont une richesse spirituelle”. La sénatrice de New York a enchaîné en affrimant que “les gens n’ont pas besoin d’un président condescendant” mais “d’un président qui se bat pour eux”. L’entourage du républicain John McCain a également diffusé un communiqué accusant Obama d’élitisme. Steve Schmidt, porte-parole du sénateur de l’Arizona, a dénoncé des propos “condescendants”. Barack Obama a tenté de couper court à la polémique en faisant marche arrière avant-hier. Il a admis avoir mal choisi ses mots mais a défendu le fond de son propos. Il a affirmé que les habitants des petites villes de Pennsylvanie, de l’Indiana ou l’Illinois “sont en colère”, car ils “ont le sentiment d’avoir été abandonnés”. Dans un entretien accordé ce week-end à un quotidien de Caroline du Nord, Etat qui vote lui aussi le 6 mai prochain, Obama s’est quasiment excusé “Si je me suis exprimé d’une manière qui a offensé certaines personnes, je le regrette profondément”, a-t-il dit. Pendant que son entourage tentait samedi de rassurer les élus démocrates qui le soutiennent et organisait une conférence de presse téléphonique avec les médias pour tenter de limiter les dégâts, Barack Obama a déjeuné dans un diner de l’Indiana avec cinq “petits” donateurs de sa campagne. Au menu, des mets simples et efficaces lorsqu’il s’agit de rassurer les Américains sur les valeurs du candidat Obama: hamburger, salade et Coca Cola. Jean-Cosme Delaloye / New York
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