La Suisse se réjouit d’un contrôle accru sur les banques
Washington, 12 avril 2008. Réunis ce week-end au siège du FMI et de la Banque mondiale à Washington, les grands argentiers de la planète ont annoncé leur intention d’accroître leurs contrôles sur les banques. La démarche a réjoui samedi 12 avril Hans-Rudolf Merz (photo Jean-Cosme Delaloye). Le conseiller fédéral en charge des finances, qui participait à la reunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale, a parlé d’un “message positif”. Le projet prévoit la création de “collèges de superviseurs “ pour chaque grande banque internationale dont l’UBS et le Crédit Suisse. Ces organes seraient constitués de représentants des banques centrales des marchés sur lesquels ces établissements sont actifs. Hans-Rudolf Merz a défendu lors d’une conférence de presse, l’action de la Banque nationale suisse (BNS) dans la crise de l’UBS. “Une banque centrale n’est pas un conseil d’administration parallèle pour les banques privées, a-t-il affirmé. Elle ne s’occupe pas de la stratégie de ces dernières. La BNS s’est penchée sur les problèmes de l’UBS dès qu’ils sont survenus”. Aux côtés de Hans-Rudolf Merz. Jean-Pierre Roth, président de la BNS, a tiré les enseignements de la crise des subprimes. “Nous avons peut-être eu trop confiance en notre capacité à comprendre et à analyser les risques. Nous devons avoir une approche plus humble et avouer que certains éléments nous échappent”. Le président de la BNS s’est prononcé en faveur d’une hausse du capital et des liquidités des banques et en faveur d’une baisse de leur endettement pour leur permettre de mieux absorber les chocs. Hans-Rudolf Merz a pour sa part affirmé ne pas “pouvoir s’imaginer “ que de l’argent public soit utilisé pour sauver une banque helvétique comme ce fut récemment le cas aux Etats-Unis. Le mois dernier, la réserve fédérale américaine avait impliqué de l’argent des contribuables américains pour aider JP Morgan à racheter la banque d’investissement Bear Stearns menacée de faillite. Autre sujet abordé à Washington, le Fonds monétaire international a réduit les perspectives de croissance pour l’économie Suisse en 2009 à moins de 1%. Selon le FMI, l’économie suisse va croître de 1,3% en 2008 et de 0,9%. Hans-Rudolf Merz a reconnu prévoir un “ralentissement” de l’économie Suisse cette année, mais a tablé sur une croissance de 1,5% pour l’an prochain. Doris Leuthard a pour sa part relayé les craintes émises par le FMI sur la hausse spectaculaire du prix des denrées alimentaires. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, a estimé samedi que ce problème pourrait avoir des “conséquences horribles” et causer de la malnutrition et des guerres s’il n’est pas jugulé. Washington / Jean-Cosme Delaloye Cet article est paru le 14 avril dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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