Barack Obama en train sur les terres d’Hillary Clinton en Pennsylvanie
Lancaster, Pennsylvanie. Le soleil se couche sur la gare de Lancaster, petite ville nichée au coeur de la Pennsylvanie et capitale de l’Amérique amish. Debout sur la scène, Barack Obama (photo Jean-Cosme Delaloye) en bras de chemise, est arrivé selon l’horaire. En ce dernier samedi avant la primaire de Pennsylvanie d’aujourd’hui, le candidat démocrate qui traverse l’Etat en train, en est à sa quatrième halte de la journée dans des petites villes de la Pennsylvanie rurale. Sur cette terre plutôt favorable à Hillary Clinton, Barack Obama s’adresse à ces milliers d’électeurs majoritairement blancs et issus des classes ouvrières et moyennes, qu’il avait récemment décrits comme “amers” et se raccrochant aux armes et à la religion pour faire face à l’adversité. Cette gaffe a mis la campagne de Barack Obama sur la défensive la semaine dernière. Accusé d’“élitisme” par Hillary Clinton, le sénateur de l’Illinois s’est excusé tout en adoptant une nouvelle stratégie à laquelle il n’avait pas habitué ses partisans: il s’est mis à attaquer frontalement Hillary Clinton. “On peut ne pas être d’accord tout en n’étant pas désagréable, lance-t-il à la foule de Lancaster. Cela ne m’intéresse pas d’imiter ce que les républicains ont fait subir aux Clinton ces 20 dernières années”. Entre les deux rivaux à l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, le ton est graduellement monté entre la dernière primaire organisée dans le Mississippi il y a six semaines et le scrutin d’aujourd’hui. Barack Obama a traversé la Pennsylvanie en accusant Hillary Clinton de ne pas être fidèle à ce qu’elle promet et d’être liée aux lobbystes. La sénatrice de New York reproche elle à son adversaire de n’avoir que la “politique spectacle” à offrir aux électeurs. Barack Obama a investi des sommes record en Pennsylvanie pour tenter de rattraper son retard sur l’ancienne First Lady. Dans cet Etat qui compte une forte proportion d’électeurs issus des classes ouvrières ou résidant dans des zones rurales, Hillary Clinton fait la course en tête depuis des mois et peut compter sur le soutien du gouverneur de Pennsylvanie et des maires de Philadelphie et de Pittsburgh. La large avance de l’ancienne First Lady sur le sénateur de l’Illinois n’a toutefois cessé de fondre. Interrogé hier sur une radio de Pittsburgh, Barack Obama a laissé entendre qu’Hillary Clinton remporterait la Pennsylvanie mais que le résultat serait serré. Cet Etat est extrêmement important pour les deux candidats démocrates encore en course pour la Maison Blanche. Après seize mois d’une épuisante et dure campagne électorale, une vitoire d’Obama dans cette primaire marquerait la fin des espoirs d’Hillary Clinton. Selon un décompte de l’agence AP, Barack Obama compte 1646 délégués sur les 2025 nécessaires spour décrocher l’investiture. L’ancienne Première dame des Etats-Unis en a 1507. Le candidat afro-américain qui a gagné jusqu’ici 717 000 voix de plus que sa rivale, tente lui de prouver aux militants et élus démocrates qu’il peut aussi convaincre les cols bleus de voter pour lui. Pendant que quelques amish écoutent impassiblement Obama à Lancaster, Sue Whitley, une habitante de la ville, dit être partagée entre Barcak Obama et Hillary Clinton. “J’ai apprécié le travail de cette dernière lorsqu’elle était à la Maison Blanche avec son mari Bill, explique Sue Whitley d’une voix traînante. Mais j’ai l’impression que les gens autour de moi dont mon fils de 23 ans, se rapprochent d’Obama.” Lancaster (Pennsylvanie) / Jean-Cosme Delaloye Cet article est paru le 22 avril 2008 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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