Obama ou Clinton? Le casse-tête des superdélégués démocrates
New York. Les coups de téléphone sont quotidiens. Même Barack Obama et Hillary Clinton ont pris la peine d’appeler plusieurs fois Ivan Holmes, président du parti démocrate de l’Oklahoma et superdélégué. Cette étiquette fait de l’homme à la voix qui sent bon les plaines du coeur de l’Amérique, quelqu’un de très sollicité. Car comme les 795 autres superdélégués démocrate, Ivan Holmes détient la clé de l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de novembre. Malgré sa défaite de dix points face à Hillary Clinton le 22 avril en Pennsylvanie, Barack Obama devance toujours sa rivale au niveau national. Il possède, selon l’agence AP, 1714 délégués sur les 2025 nécessaires pour devenir le candidat du parti démocrate. Hillary Clinton en a elle 1589. Alors que sept Etats plus Puerto Rico et Guam doivent encore se prononcer d’ici début juin, le sénateur de l’Illinois a également 500 000 voix de plus que sa rivale. Ni l’un ni l’autre candidat ne semble en mesure d’obtenir la majorité de délégués nécessaire à l’investiture d’ici la fin des primaires. Barack Obama et Hillary Clinton ont donc besoin du soutien des 796 superdélégués démocrates pour mettre fin à leur lutte fratricide. Ces élus et membres du parti ne sont pas tenus de se conformer aux résultats du vote populaire et peuvent changer d’avis jusqu’à la convention démocrate fin août. Hillary Clinton fait la course en tête chez les superdélégués avec 258 en sa faveur contre 233 pour Barack Obama. Elle tente depuis des semaines de convaincre les 305 indécis qu’elle serait mieux armée pour affronter le républicain John McCain, grâce à son expérience et sa capacité à convaincre les cols bleus. Obama met lui en avant ses qualités de rassembleur. “La pression sur nous est indéniable”, explique Ivan Holmes. “Le choix est difficile car Barack Obama nous a fait gagner beaucoup de voix chez les jeunes alors qu’Hillary Clinton convainc l’électorat féminin”. Betty McElderry soutient Hillary Clinton. Cette superdéléguée de l’Oklahoma se défend d’aller à l’encontre des électeurs et affirme que l’ancienne First Lady est “plus forte pour résister aux attaques du parti républicain”. Betty McElderry est sûre que les superdélégués finiront par se rallier à Hillary Clinton, mais n’exclut pas de changer de camp en cas de défaite de l’ancienne First Lady à la fin des primaires. Waring Howe est superdélégué pro-Obama en Caroline du Sud. Il certifie que la défaite du sénateur de l’Illinois en Pennsylvanie ne remet pas en cause son soutien. “Beaucoup de gens ont une opinion défavorable d’Hillary Clinton et Obama est notre meilleure chance de battre John McCain lors de la présidentielle et de remporter des Etats-clé comme l’Iowa, le Colorado ou le Wisconsin, explique-t-il. Et je ne pense pas que les superdélégués oseront désavouer les électeurs en soutenant le ou la candidate qui aura obtenu le moins de voix et de délégués à la fin des primaires”. Ivan Holmes, Waring Howe et Betty McElderry assurent que l’impitoyable bataille Obama-Clinton n’a pas irrémédiablement divisé les démocrates. Tous reconnaissent en revanche qu’une issue rapide à ce conflit est dans l’intérêt de leur parti et de leur candidat à la présidentielle. Comme le confirme Ivan Holmes, Howard Dean (n.d.l.r.: patron des démocrates) a demandé aux superdélégués de faire leur choix d’ici début juillet. Cet article est paru le 24 avril 2008 dans les quotidiens 24heures et Tribune de Genève. CommentsYou must be logged in to post a comment. |
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