Le docteur Padilla Oliva sillonne discrètement son pays depuis 5 ans avec une machine au laser qui permet aux anciens membres de gangs de se faire effacer leurs tatouages. Reportage à Tegucigalpa.

Yulieth rêve de faire des études. Mais d’ici trois ans, la jeune fille de 12 ans devra abandonner l’école si ses parents n’arrivent pas à trouver l’équivalent de 1 dollar par jour pour lui payer son ticket de bus jusqu’à une école secondaire située à une quinzaine de kilomètres de son village.

Trois soirs par semaine, Bessie, Noellia et Viviane, des prostituées transexuelles, battent le pavé dans la zone rouge de Tegucigalpala, la capitale du Honduras. Elle sont prêtes à vendre leur corps et à mettre leur vie en danger pour quelques dollars qui leur permettront de tenir la semaine. Depuis le coup d’Etat de juin 2009, ces prostituées sont des cibles pour les voyous qui les attaquent en toute impunité. Quatre jours après ce reportage, l’une d’entre elles a d’ailleurs été abattue au petit matin.

Philadelphie. Les traces de sang sont encore visibles sur le trottoir. Des peluches, des bougies, des fleurs et des dizaines de cartes ont étaient déposées à l’endroit où Kendall Scott, un Afro-Américain de 24 ans, a été abattu le 16 octobre. Dans ce quartier noir et pauvre de l’ouest de Philadelphie, la violence a de nouveau frappé. Un jeune homme afro-américain accompagné de deux petits garçons, se recueille devant le mémorial de fortune. Il montre sa main droite dans une attelle. “On m’a tiré dessus en septembre, mais j’ai pu me protéger avec ma main”, lance-t-il en colère. “On ne sait jamais qui va vous tuer. C’est pour cela que je suis venu ici avec eux”, ajoute-t-il en montrant les deux garçons.

Pittston (Pennsylvanie). Le soldat qui défile en treillis avec ses compagnons de promotion, s’est retourné. Il rit devant l’église blanche de Pittston, une petite ville dans le nord-est de la Pennsylvanie. “C’est ma photo préférée de mon neveu”, dit Ron Gitkos (photo Daniella Zalcman). “Là, il est en train de regarder sa mère qui s’était exclamée “c’est mon bébé” en le voyant”. C’était le 28 mai 2007. Ce jour-là, Jeff DePrimo ne le savait pas: il lui restait moins d’un an à vivre.

New York. Les coups de téléphone sont quotidiens. Même Barack Obama et Hillary Clinton ont pris la peine d’appeler plusieurs fois Ivan Holmes, président du parti démocrate de l’Oklahoma et superdélégué. Cette étiquette fait de l’homme à la voix qui sent bon les plaines du coeur de l’Amérique, quelqu’un de très sollicité. Car comme les 795 autres superdélégués démocrate, Ivan Holmes détient la clé de l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de novembre.

New York. Hillary Clinton a une nouvelle fois sauvé sa campagne présidentielle en remportant mardi la primaire de Pennsylvanie avec 55% des voix contre 45% pour Barack Obama. “Merci à la Pennsylvanie d’avoir décidé que je peux être présidente”, a déclaré hier soir Hillary Clinton lors d’un meeting . “Maintenant, c’est à toi de décider, Indiana”, a répondu quelques instants plus tard Barack Obama depuis Evansville dans l’Indiana.

Lancaster, Pennsylvanie. Le soleil se couche sur la gare de Lancaster, petite ville nichée au coeur de la Pennsylvanie et capitale de l’Amérique amish. Debout sur la scène, Barack Obama (photo Jean-Cosme Delaloye) en bras de chemise, est arrivé selon l’horaire. En ce dernier samedi avant la primaire de Pennsylvanie d’aujourd’hui, le candidat démocrate qui traverse l’Etat en train, en est à sa quatrième halte de la journée dans des petites villes de la Pennsylvanie rurale. Sur cette terre plutôt favorable à Hillary Clinton, Barack Obama s’adresse à ces milliers d’électeurs majoritairement blancs et issus des classes ouvrières et moyennes, qu’il avait récemment décrits comme “amers” et se raccrochant aux armes et à la religion pour faire face à l’adversité.

New York, 13 avril 2008. Le ping-pong de gaffes entre Barack Obama (photo Daniella Zalcman) et Hillary Clinton se poursuit dans la course à l’investiture démocrate. Mais cette fois, le sénateur afro-américain de l’Illinois a semble-t-il offert une balle en or à sa rivale qui ne s’est pas fait prier pour le mettre sur la défensive. Alors qu’il participait le 6 avril à un événement avec des donateurs de sa campagne à San Francisco, Barack Obama avait décrit les cols bleus comme des gens “amers” qui “s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, (…) ou à un rejet de l’immigration (…) pour exprimer leur frustration ”.

Rio de Janeiro. L’homme tient une grenade. Autour de lui, des jeunes paradent sur des motos, pistolet au poing et à la ceinture. La police patrouille sur la route principale à 200 mètres à peine, mais au bout de cette rue marchande de la Cité de Dieu à Rio de Janeiro, ce sont les trafiquants qui font la loi. L’homme a le regard embrumé et la question nerveuse. Don et Mingau, deux rappeurs et travailleurs sociaux respectés dans le bidonville, négocient avec lui et il finit par s’effacer.