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Kearny (New Jersey). Le jeune homme en pantoufles boit un thé. Assis dans un vieux canapé une place à côté de la fenêtre, il raconte posément l’événement qui a fait voler sa routine de gymnasien en éclats. A l’automne 2006, Matthew LaClair, un élève de Kearny, une ville aux portes de New York, a enregistré son professeur d’histoire qui faisait du prosélytisme pendant ses cours. New York. Et Dieu créa l’écologie. La Bible de Richard Cizik ne l’affirme pas en termes aussi arrêtés. Mais le prêcheur averti a recensé de nombreux passages dans les Ecritures qui confortent sa thèse environementale. Genèse, chapitre 2 verset 15 : «Dieu nous demande de servir la Terre et de la protéger», affirme-t-il. Sa voix claire sautille sur le bruit confus de la toréfaction des cafés en cette froide matinée new-yorkaise de fin janvier. Dans le blafard anonymat d’un Starbucks de Manhattan, cette voix modulée guide son interlocuteur sur un terrain, sur lequel on ne s’attendait pas à rencontrer un évangéliste conservateur : la défense de l’environnement. San Francisco, 25 février 2005. Jim Wallis en a eu assez de la «lecture américaine» de la Bible comme il la nomme. «Comment Jésus est-il soudainement devenu pro-riches, pro-guerre et pro-Etats-Unis ?», demande-t-il aux quelques 300 personnes venues l’écouter en ce jeudi de février à la cathédrale Grace de San Francisco. Depuis des semaines, le révérend traverse l’Amérique pour tenter de redonner la foi à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la droite religieuse très puissante outre-Atlantique. L’auteur de God’s Politics (Les politiques de Dieu), l’une des meilleures ventes actuelles du pays, appelle inlassablement ses fidèles à «récupérer notre Jésus qui a été pris en otage par les conservateurs». |
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