Philadelphie. Les traces de sang sont encore visibles sur le trottoir. Des peluches, des bougies, des fleurs et des dizaines de cartes ont étaient déposées à l’endroit où Kendall Scott, un Afro-Américain de 24 ans, a été abattu le 16 octobre. Dans ce quartier noir et pauvre de l’ouest de Philadelphie, la violence a de nouveau frappé. Un jeune homme afro-américain accompagné de deux petits garçons, se recueille devant le mémorial de fortune. Il montre sa main droite dans une attelle. “On m’a tiré dessus en septembre, mais j’ai pu me protéger avec ma main”, lance-t-il en colère. “On ne sait jamais qui va vous tuer. C’est pour cela que je suis venu ici avec eux”, ajoute-t-il en montrant les deux garçons.

Pittston (Pennsylvanie). Le soldat qui défile en treillis avec ses compagnons de promotion, s’est retourné. Il rit devant l’église blanche de Pittston, une petite ville dans le nord-est de la Pennsylvanie. “C’est ma photo préférée de mon neveu”, dit Ron Gitkos (photo Daniella Zalcman). “Là, il est en train de regarder sa mère qui s’était exclamée “c’est mon bébé” en le voyant”. C’était le 28 mai 2007. Ce jour-là, Jeff DePrimo ne le savait pas: il lui restait moins d’un an à vivre.

New York. Les coups de téléphone sont quotidiens. Même Barack Obama et Hillary Clinton ont pris la peine d’appeler plusieurs fois Ivan Holmes, président du parti démocrate de l’Oklahoma et superdélégué. Cette étiquette fait de l’homme à la voix qui sent bon les plaines du coeur de l’Amérique, quelqu’un de très sollicité. Car comme les 795 autres superdélégués démocrate, Ivan Holmes détient la clé de l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de novembre.

New York. Hillary Clinton a une nouvelle fois sauvé sa campagne présidentielle en remportant mardi la primaire de Pennsylvanie avec 55% des voix contre 45% pour Barack Obama. “Merci à la Pennsylvanie d’avoir décidé que je peux être présidente”, a déclaré hier soir Hillary Clinton lors d’un meeting . “Maintenant, c’est à toi de décider, Indiana”, a répondu quelques instants plus tard Barack Obama depuis Evansville dans l’Indiana.

Lancaster, Pennsylvanie. Le soleil se couche sur la gare de Lancaster, petite ville nichée au coeur de la Pennsylvanie et capitale de l’Amérique amish. Debout sur la scène, Barack Obama (photo Jean-Cosme Delaloye) en bras de chemise, est arrivé selon l’horaire. En ce dernier samedi avant la primaire de Pennsylvanie d’aujourd’hui, le candidat démocrate qui traverse l’Etat en train, en est à sa quatrième halte de la journée dans des petites villes de la Pennsylvanie rurale. Sur cette terre plutôt favorable à Hillary Clinton, Barack Obama s’adresse à ces milliers d’électeurs majoritairement blancs et issus des classes ouvrières et moyennes, qu’il avait récemment décrits comme “amers” et se raccrochant aux armes et à la religion pour faire face à l’adversité.

New York, 13 avril 2008. Le ping-pong de gaffes entre Barack Obama (photo Daniella Zalcman) et Hillary Clinton se poursuit dans la course à l’investiture démocrate. Mais cette fois, le sénateur afro-américain de l’Illinois a semble-t-il offert une balle en or à sa rivale qui ne s’est pas fait prier pour le mettre sur la défensive. Alors qu’il participait le 6 avril à un événement avec des donateurs de sa campagne à San Francisco, Barack Obama avait décrit les cols bleus comme des gens “amers” qui “s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, (…) ou à un rejet de l’immigration (…) pour exprimer leur frustration ”.

New York, 9 avril 2008. Stop au retrait d’Irak. Pendant toute la journée d’hier, le général David Petraeus, commandant des troupes américaines en Irak, a demandé aux sénateurs de geler, dès juillet et pendant au moins un mois et demi, le retour de ses hommes aux Etats-Unis. Cette pause doit permettre à Washington de procéder à une évaluation de la situation sécuritaire du côté de Bagadad à l’issue du retrait de 20 000 soldats américains d’ici trois mois.

New York. Anneau à l’oreille gauche, lunettes légèrement teintés : Clarence Jones détonne dans les bureaux d’une grande firme new-yorkaise de conseil financier. A 77 ans, l’ancien rédacteur des discours de Martin Luther King collectionne les casquettes : professeur à l’Université de Stanford, investisseur, écrivain. L’ascension de Barack Obama qui revendique l’héritage de Martin Luther King, a fait de Clarence Jones un homme sollicité, surtout depuis que la question des relations entre Blancs et Noirs est au Coeur de la campagne présidentielle américaine.

New York, 9 mars 2008. Barack Obama a retrouvé un certain équilibre électoral. Le sénateur de l’Illinois a remporté samedi les caucus du Wyoming avec 61% des voix contre 38% pour Hillary Clinton. Cette victoire dans un Etat peu peuplé et à très forte majorité républicaine permet au candidat afro-américain de freiner l’ancienne First Lady au terme d’une semaine fructueuse pour elle, au cours de laquelle elle a remporté les primaires du Texas, de l’Ohio et de Rhode Island.

Dallas, Texas, 4 mars 2008. L’idée paraît incongrue, voire utopique. Et si les démocrates remportaient le Texas lors de la présidentielle de novembre ? Cela n’est plus arrivé depuis 1976. Dans cet Etat dominé par les républicains, Austin, la progressiste capitale, fait figure d’épine dans le pied conservateur.